Les applications mobiles de santé bientôt remboursées en Belgique?

Détecter des problèmes de rythme cardiaque en posant un doigt sur la caméra de son smartphone. L’application limbourgeoise Fibricheck détecte la fibrillation artérielle de ses utilisateurs, leur permettant de prendre des mesures préventives. L’application vient de recevoir ce lundi le feu vert de l’administration américaine des médicaments (FDA), et peut donc être vendue sur le marché américain.

Bel exploit! Parce que comme partout, l’offre est gigantesque: des applications pour évaluer son état de santé, pour arrêter de fumer, pour mesurer sa tension artérielle,… il y a de tout! Et il faut faire le tri – dans un marché mondial qui pourrait peser 50 milliards d’euros par an dans quelques année. Selon le quotidien De Standaard, des 160.000 applications de santé existantes, seules 120 ont été validées à ce jour par la FDA américaines. Un nouveau marché s’ouvre à l’application, en plus de la reconnaissance que ce feu vert représente en termes de pertinence médicale.

Une start-up belge qui a réussi

Qompium, l’entreprise belge basée à Hasselt, à l’origine de l’app, a d’ailleurs reçu il y a quelques jours à peine, Le prix « entreprise » (Venture Award) de l’institut européen d’innovation et de technologie – un prix qui récompense « les start-up et les scale-up qui ont réussi ».

Pour le fonctionnement de Fibricheck (et pour faire simple), vous placez votre doigt pendant une minute sur l’objectif de votre smartphone. Les variations de lumière causées par le sang qui coule dans le bout de votre doigt crée un signal. Et ce signal représente la pulsation – cardiaque, qui est ainsi mesurée. Les données sont envoyées sur une plateforme qui les traite pour qu’elles puissent ensuite être interprétées par un professionnel de la santé. Aujourd’hui, l’application ne peut d’ailleurs s’utiliser qu’avec le concours d’un professionnel ou d’une institution médicale. Mais en Belgique, aucune application mobile n’est aujourd’hui remboursée par l’INAMI.

Où en est-on en Belgique avec les applications mobiles de santé?

Il n’y a pour l’instant pas de cadre juridique pour l’applications de santé. Beaucoup d’effets d’annonce, mais pas grand chose pour l’instant. Depuis 2017, 24 applications « projets pilotes » – dont Fibricheck – sont en cours d’évaluation par le ministère fédéral de la santé, pour être remboursées structurellement par l’INAMI. Comme le résume Xavier Brenez, directeur général de l’Union nationale des mutualités libres: « la voie est tracée, mais ce n’est que le début, et toute la procédure de remboursement n’est pas encore définie. La perspective est là sans qu’il y ait encore de cas concret ». Avant fin 2019, soyons bien clair, on ne risque pas de voir venir grand chose.

Pour Xavier Brenez: « Les pouvoirs publics font leur devoir, mais il y a une réalité générale, les acteurs de terrain à la base de l’innovation vont toujours plus vite que le calendrier législatif. Et donc il y a un décalage aujourd’hui, en Belgique et ailleurs en ceux qui proposent des solutions de santé mobile et le cadre de remboursement qui doit être mis en place. Le risque c’est que les citoyens et les mutualités commencent à adopter des solutions peu fiables en matière de santé et/ou de vie privée ».

Le risque c’est que les citoyens et les mutualités commencent à adopter des solutions peu fiables en matière de santé et/ou de vie privée

Pour être validée, une application devra répondre à toute une série de critères (« passer la validation pyramidale », dit le jargon) : démontrer sa pertinence médicale, respecter les règles en matières de protection des données, être certifiée au niveau européen, être en mesure de communiquer avec d’autres plateformes, portails et applications officielles de santé en Belgique, et enfin…l’intérêt en économie de la santé devra être validé.

Pertinence économique

Environ 80% des dépenses publiques en soins de santé sont liés à 5 pathologies: Accidents vasculaires cérébraux, santé mentale, diabète, douleurs chroniques, et maladies cardio-vasculaires. Les applications qui permettront de mieux gérer ou traiter efficacement ces pathologies-là risquent fort logiquement d’être remboursées de manière prioritaire.

Entre la logique de l’investissement dans une application de santé, et celle de sa validation pour remboursement, il y a le décalage habituel entre logique de l’économie de la santé publique, et logique de l’industrie de la santé. Ce qui se passe aujourd’hui au niveau de la santé mobile n’est pas fondamentalement différent de ce qui se passe déjà avec l’industrie pharmaceutique.

 

Source: RTBF.BE

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